L’Etna, ascension volcanique

By Patrice

Un rêve de gosse (à moitié) coché. J’ai gravi l’Etna. Le temps était pourri, la visibilité quasiment nulle, j’ai du payer plus cher que prévu. Et pourtant, je ressors de cette expérience avec de bons souvenirs, même si ce ne sont pas les meilleurs qui soient. Nulle doute que c’est une première qui en appelle d’autre. Au soleil, cette fois-ci !

Tout avait très mal commencé ! Depuis Catane, je devais prendre un bus direction le rifugio Giovanni Sapienza. C’est le camp de base sur la face sud de l’Etna. Ici les cars, les voitures et les touristes se retrouvent pour la montée vers le sommet du volcan. Même en ce mois de mai, l’affluence est énorme. À 9h, j’attends donc patiemment le bus. Je le vois arriver au loin. Surprise, il est déjà plein à craquer et le chauffeur me fait signe d’attendre le suivant. Le suivant ?!

Et bien après 30 minutes d’attentes, je m’aperçois que le bus n’a pas été “doublé” à cause de l’affluence. Non. Le chauffeur m’expliquait par les gestes qu’il faudrait retenter sa chance … le lendemain ! Un seul bus depuis Catane dans la journée. Difficile service “public” et de navette. Je comprends en fait que l’Etna est la propriété des tours opérateurs et des guides. Rien n’est véritablement fait pour que vous puissiez monter jusqu’au refuge en “liberté”. Ma première rencontre avec l’Etna attendra au lendemain. Plutôt énervé, il me faudra le superbe voyage en circumetnea pour me calmer !

“Cher” Etna, je t’aime quand même !

Le lendemain, je n’ai malheureusement plus le temps de retenter l’expérience du bus. Le retour est prévu vers 18h à Catane et mon train part… à 16h45 ! Il faut donc trouver une solution de remplacement. Je m’inscris chez l’un des nombreux tour-opérateur qui proposent tous le même circuit. Pour 55€ (au lieu de quelques euros pour le bus, tout de même !). Le dépliant me promet monts et merveilles, comme les dix autres concurrents. Je sais déjà à quoi m’attendre… Peu m’importe, je dois absolument fouler l’Etna. Le mini-bus me récupère à l’Hôtel et me voilà, aux côtés d’Argentins, d’Australiens et de Chinois parti en direction du cratère. Le temps est couvert, on n’aperçoit pas le sommet. (Hier, il faisait un grand ciel bleu, mais surtout il ne faut plus penser à ça…). Sur le trajet, le guide nous montre quelques anciens volcans et des coulées, notamment celle de 2004. Nous arrivons ensuite au fameux rifugio.

Sensations étrange vers le sommet de l'Etna. La vue ne se dégage pas, et pourtant l'on "ressent" le volcan
Sensations étrange vers le sommet de l’Etna. La vue ne se dégage pas, et pourtant l’on “ressent” le volcan

Là-haut, deux options s’offrent au porte-monnaie (au client, pardon). D’abord la version low-coast ou notre guide (très sympathique au-delà de cette relation quelque peu monnayée) propose une balade sur le Mont Silvestri avec une explication des différentes éruptions et de l’origine géologique du volcan. Le Mont Silvestri se situe à 1900 mètres d’altitude, loin des sommets de l’Etna. L’autre option, celle que j’ai choisi, et de payer à nouveau une cinquantaine d’euros pour poursuivre l’ascension d’abord en téléphérique puis dans des bus jusqu’à 3,000 mètres à la découverte des principaux cratères. Vous pouvez aussi “économiser” le bus et/ou le téléphérique en montant et redescendant à pieds, en étant accompagné par un guide à partir d’une certaine altitude. Je n’avais malheureusement pas le temps. Il faisait également très froid ce jour-là et le brouillard n’aidait pas.

En ce mois de mai, la neige est encore bine présente sur les cratères de l'Etna.
En ce mois de mai, la neige est encore bine présente sur les cratères de l’Etna.
Le téléphérique, payant, pour accéder à l'Etna.
Le téléphérique, payant, pour accéder à l’Etna.

Après 110€ déboursés, donc, j’ai pu avoir cette chance de fouler la roche volcanique au plus près du Grand Cratère. Il est obligatoire d’être accompagné par un guide. Celui-ci enchaîne les groupes, deux ou trois mots et puis s’en va. À peine 10 minutes là-haut, pour n’apercevoir que vaguement deux cratères. Une trouée dans les nuages me permet tout de même d’assister à un joli spectacle, quelques secondes. Il faut savoir prendre le peu que la nature peut nous donner. C’est un peu la chaîne, cela ajoute à la déception. Mais qu’importe, là-haut je veux garder le meilleur. Je suis tout de même à presque 3,300 mètres sur l’un des volcans les plus dangereux au monde. Je peux dire que “je l’ai fait”. À charge de revanche…

Une découverte imprévue : les anciennes rivières souterraines.

En redescendant, j’ai tout de même le temps de faire le tour du cratère Silvestri seul, sans le guide. Un peu de marche au milieu des nombreux autres badauds. On est en-dessous des nuages, les vues sont plus ouvertes et les couleurs du volcan incroyables. Le curseur “motivation et bien-être” sort légèrement de la zone rouge. Il passera presque au vert sur la route du retour lorsque, casques et lampe frontale sur la tête, nous découvrirons d’incroyables cavernes volcaniques. Elles furent creusées par le magma qui formait ici de véritables rivières souterraines. Les euros déboursés pour le guide sont peu à peu rentabilisés, ses explications sont excellentes.

Plus bas, les anciens cratères se révèlent plus facilement. Les couleurs sont incroyables au pied de l'Etna.
Plus bas, les anciens cratères se révèlent plus facilement. Les couleurs sont incroyables au pied de l’Etna.
Plus bas encore, les coulées de lave (parfois soutterraines) se recouvrent peu à peu de végétation.
Plus bas encore, les coulées de lave (parfois soutterraines) se recouvrent peu à peu de végétation.

Nous finissons la journée par une halte dans une “ferme” écologique (?!). Çà sent un peu l’attrape-couillon.. Les bus s’arrêtent quasiment tous ici. Les produits sont bons, ça rattrape quelque peu. Petite commission au passage pour le Tour-Opérateur avant de retrouver Catane. Juste le temps de filer à la gare, de prendre mon train pour Milazzo et de jeter quelques coups d’œils à travers la vitre sur l’Etna qui m’accompagne une partie du trajet, toujours la tête dans les nuages. Une expérience à faire, quelque soit le temps, quelque soit la méthode. Impossible d’échapper véritablement au tourisme ici, alors à défaut…

Etna : informations pratiques

Où/Comment et à quel prix ?

Et bien, à l’Etna ! Le plus simple est d’aller en voiture jusqu’au parking du Refugio di Sapienza. Sinon, vous avez le bus depuis Catane (celui que je n’ai pas pu prendre !!) pour quelques euros. Départ vers 8h30 de Catane et retour vers 18h. Les tours-opérateurs proposent tous des découvertes au départ de Catane ou de Taomine. Il est aussi possible de découvrir l’Etna par sa face Nord mais d’après tous les locaux, c’est plus “aisé” par le sud. Le moins cher reste le bus depuis Catane si vous pouvez rentrer dedans. La voiture est assez économique, surtout si vous la louez pour un long séjour. Passer par un guide vous coûtera environ 50€ de plus par personne sans forcément en apprendre d’avantage. Mais cela reste une option “pratique”

Quand ?

On le redit, l’Etna c’est haut et il peut y faire très froid ! Avant le mois de mai, allez-y pour le ski (donc bien couverts). La meilleure période reste les mois de juin ou de septembre, moins “affluents” que les terribles mois d’août et juillet. En mai, il fallait une bonne doudoune ! (Vous pouvez en louer à l’arrivée du téléphérique, histoire de payer encore un peu plus…)

Quel équipement ?

Outre une polaire et/ou un manteau selon la saison, prévoyez aussi des gants et un bonnet. Le vent souffle fort. N’hésitez pas à apporter votre appareil photo. Prévoyez de bonnes chaussures, surtout si vous faites l’ascension entièrement à pieds. Prenez de quoi boire (et chaud si possible).

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Etna, qui es-tu ?

L’Etna est tout simplement le volcan actif le plus haut d’Europe. À quelques kilomètres du centre-ville de Catane, ce volcans entre régulièrement en éruption (L’activité éruptive ou explosive n’est jamais véritablement en pause…) Sa lave est très fluide et parcoure facilement des centaines de mètres ou de kilomètres. Comme en 2003 ou celle-ci avait ravagé la station de ski sur le flanc Nord-Est avant de s’attaquer au fameux rifugio di Sapienza sauvé de justesse. Notre guide l’a souvent appelé le MungiBeddu, la montagne des montagnes à priori en sicilien ? Le Volcan s’est élevé au fil des siècles, passant de 3,100 mètres environ en 1900 à 3,300 mètres aujourd’hui. L’Etna est une montagne que les cimats se partagent. En-dessous de 1,000 mètres, il fait chaud. Au-dessus, le froid permet à la neige de tomber régulièrement et à des stations de ski d’exister.

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